TIto Landi

23 Boulevard Henri IV, puis au 36/38 Boulevard Henry IV, Paris 11

En fait, malgré la bonne réputation et le grand nombre de produits vendus, on ne sait que peu de choses de Tito Landi. Voici une maison fondée en 1893 par Tito Landi (1873-1947), inventeur, industriel et commerçant, installé au 23 Boulevard Henri IV, Paris 11, puis au 36/38 Boulevard Henry IV depuis 1893 jusqu'à la fin des années 1970. Agusto Tito Landi était citoyen espagnol originaire de San Sebastian. Il est enterré au Cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Les lampes, réchauds, chauffages, fours, lampes à souder, etc.... de la marque Tito Landi ont été vendus en telles quantités depuis le début du siècle dernier que ce nom était presque devenu un générique pour parler des lampes et autres appareils de chauffage. Les lampes, notamment sont un réel progrès en terme de qualité et d'intensité d'éclairage comparées aux lampes à huile et même à pétrole ou à essence vers 1910.

Vers 1905/07, une vue de la devanture du magasin d'un concessionnaire parisien de Tito Landi : au croisement de la Rue de Crussol et du Boulevard du Temple dans le onzième arrondissement de Paris, les Etablissements FREICHE-PRIM.

Cette affiche date des années 30, l'age d'or pour Tito Landi.

Une des premières lampes TL du tout début du XXième siècle, vendue par FREICHE-PRIM.

♦Un peu de technique :  Comment fonctionne une Tito Landi ?

Les lampes Tito Landi sont des lampes à incandescence. C'est à dire que la flamme due à combustion des gaz n'éclaire pas en elle-même, elle a besoin d'un manchon luminescent, contrairement aux lampes à pétrole à mèche chères à nos grands- parents. La flamme lèchera le manchon, c'est lui qui produira la lumière. Il y a eu de nombreuses marques qui ont mis au point ce type de fonctionnement d'abord par le gaz (avec les manchons Auer) ou par l'essence, l'alcool et même le pétrole. Citons : Aladdin, Famos, Louis Runge, Denayrouze, Auer-Ditmar, J.Chuit, Engelfred, Ehrich und Graetz, Wiktorin, Elektra, AGAZ, Regina, Harle,  Juchat & Corre, Hurwitz, Candesco, Vega, Index, Marla, bec Radia, Radium, Hoffmann, Stobwasser, Pitner, Poeffel, Stella, Star, Fellboelin, Praticus, Famos Superlite, Popescu etc. etc .. .... ça ne finit jamais.

Voici une page intéressante pour qui veut approfondir le sujet des manchons :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Manchon_%C3%A0_incandescence

Le principe du bec à incandescence TL : M. Ara, sur son site magnifique, a fait une page spéciale qui est très claire : http://www.lumieredeloeil.com/lumiara/fr/index.html

Le bec TL est génialement simple : Une mèche fait monter le carburant jusqu’à la base du brûleur. Elle est montée très serrée dans un tube de cuivre très peu épais qui permettra de communiquer un maximum de chaleur au carburant lors du préchauffage puis lors du fonctionnement. La chaleur vaporise le carburant ce qui crée une petite pression qui cherche alors à s'échapper vers le haut, par le gicleur puis vers le manchon. Le passage du flux de gaz est commandé par une vanne à pointeau que l'on ouvre en la dévissant.

On aura compris, ces brûleurs doivent être préchauffés pour démarrer. C'est un processus obligatoire sur la plupart des lampes à incandescence. Pour ce faire, on utilise idéalement une petite fourche dont les extrémités sont entourées de fil d'amiante : la taupette. Cette taupette est trempée dans l'alcool puis glissée, enflammée, dans la fente latérale à la base du brûleur.

La taupette et des manchons Tito Landi

Ci-contre, une coupe du bec Tito Landi qui sera monté sur toutes les lampes. Les réchauds recevront un brûleur de conception différente.

Attention : Tito-Landi a construit des lampes à essence ou à alcool, jamais à pétrole. Une TL remplie de pétrole ne fonctionnera pas. Le pétrole ne peut se vaporiser à si faible température.

Comment reconnaît-on ces deux types de lampes (alcool/essence) ?

À la taille des gicleurs : 0.3 mm-0.4 mm pour l’essence et 0.7mm-0.8 mm pour l’alcool. Je n’ai pas de moyen d’être plus précis, mais la différence se voit à l’œil. Il faut avoir dévissé le tube du brûleur auparavant pour y avoir accès.

Voici un mode d’emploi pour une lampe à alcool mais c’est identique pour l’essence. À noter que les lampes dites à alcool fonctionnent très bien avec 1/3 d’essence, voire plus, et sont alors plus lumineuses. Le mélange est très homogène dans le temps (1).

(1) Le webmestre décline toute responsabilité et appelle à la prudence !

Voici un tableau comparatif des brûleurs et injecteurs Tito Landi

Le bec Tito Landi est formé d’un brûleur en cuivre vissé sur  une chambre de gazéification, d’une mèche en coton enfoncée à sa base. Un injecteur ou buse est vissé sur le haut de la chambre de gazeification.

La puissance de la lampe dépend de la taille de la buse et de celle du tube supérieur du brûleur.

 

Je ne suis certain de rien. Ce tableau est le résultat de mes observations qui sont forcément parcellaires et tout cela reste du domaine des hypothèses. Je n’ai aucune donnée technique certifiée d’origine, aucun document. Si vous avez des informations contradictoires, ou si pouvez les compléter, merci de m’en faire part ! (par le forum ou l'adresse donnée en page d'accueil)

 

1/ Selon ces observations, la seule différence technique entre le bec de 120 et le bec de 200 bougies (à part un diamètre de sortie des gaz plus grand) serait l’épaisseur du tube de cuivre. Le 200 bougies n'a pas une buse percée plus grand. L’épaisseur du tube de cuivre sert certainement à emmagasiner plus de chaleur pour la communiquer à la base et augmenter la puissance . En effet, si, lampe allumée, on réchauffe le brûleur et la chambre de gazéification avec une lampe à souder ou un mini-chalumeau, on observe un vrai surcroît de puissance (passager, car le tube finit par refroidir).

  

2/ La fourchette scellée est certainement une amélioration apportée avec le temps. On peut, en effet,  penser que la chaleur produite par la combustion est mieux restituée puisque le contact est parfait avec le tube support. Inconvénient : en cas de détérioration de la fourchette, il faut changer le tube du brûleur en entier (ou repercer)

 

Anatomie d'un tube de brûleur : à gauche un 200 bougies à essence, à droite un 120 bougies à alcool.

Il y a eu deux types de construction pour le rétrécissement : soit à la presse pour le 120, soit en y introduisant un mini tube rétrécisseur sur le 200.

Devant ces deux types de carburant possibles, on est vite amené à se poser la question : ► Faut-il préférer les lampes à essence ou celles à alcool ?

L’alcool : facile à trouver, et la composition n’a pas (ou peu) changé depuis les années 30. De plus, la combustion ne produit ni odeur, ni fumée.

Inconvénients de l’alcool : Produit très inflammable, la flamme n’est pas très visible ce qui peut être dangereux, car on ne sait pas toujours si c’est allumé. L’alcool produit moins de lumière que l’essence.Le gicleur a un diamètre double de celui des lampes à essence. On a donc une consommation et un bruit en conséquence, même si on est loin de ceux des lampes à pression.

Consommation de la lampe à alcool (bec 120 bougies) = 1litre en 15  heures.

Consommation de la lampe à essence (bec de 120 bougies) = 1 litre en 23 heures.

L’alcool est plus cher que l’essence sans plomb. 

L’essence :L’inverse donc ; ça éclaire mieux, la lampe est moins bruyante et consomme moins, ce qui reste cependant assez accessoire vu le type d’utilisation actuelle des Tito-Landi, c'est-à-dire le plaisir.

Inconvénients de l’essence :C’est aussi un produit très inflammable. C’est pour cela que Tito-Landi a mis de l’éponge naturelle dans ces lampes à essence à partir d’une certaine époque pour éviter qu'en cas de chute, elles ne se vident d’un coup et ne s’enflamment. (plus une masselotte en fonte dans le pied)

Surtout, l’essence actuelle n’a rien à voir avec celle d’il y a 50 voir 70 ans. Il s’agissait d’un carburant avec un indice d’octane beaucoup plus bas (45 et encore) sans additifs divers et variés. On a la chance de ne plus y trouver de plomb, mais l’essence pollue toujours plus ou moins l’air ambiant au moins au niveau olfactif. Pour ces raisons, je préfère réserver ces lampes à essence à un usage extérieur, sur la terrasse.

La bonne marche d'une Tito Landi est fortement impactée par l'état de la mèche.

Quand on démonte le brûleur d'une Tito Landi et que l'on en extrait la mèche, on se trouve la plupart du temps, devant une mèche dont l'extrémité est carbonisée par la chaleur. Cela se produit souvent si l'utilisateur se sert d'une lampe qui manque de carburant. Or, si la mèche n'a pas une excellente capacité de capillarité, la lampe ne fonctionnera pas bien. Il faudra la changer. Trouver cet article en neuf relève de la gageure, il faudra donc la refaire.

Les lampes à alcool n'avaient pas le même type de mèche que les lampes à essence : du coton torsadé pour les mèches à essence et du coton beaucoup plus fin non torsadé pour les lampes à alcool (que l'on ne trouve plus). Après bien des essais, on n'a pas trouvé mieux que les fibres d'une serpillière pour refaire ces mèches,

Voici une mèche de lampe à essence neuve. Article quasi introuvable de nos jours.

Et voici une méthode pour en refaire une avec des brins de serpillière.

La mèche carbonisée est ouverte. On garde précieusement la petite mèche intérieure qui en principe n'a pas souffert. On découpe de brins de serpillière à la bonne longueur et en quantité suffisante pour avoir le même diamètre que la vieille mèche.

Ficelée en son centre, et pliée en deux, la mèche sera poussée au fond du brûleur avec un crayon par exemple, puis on bourrera la petite mèche au centre de la nouvelle. Il faut que le tout soit très dense. Il n'est pas vraiment nécessaire de la ficeler.

On est vraiment pas loin de l'aspect d'une mèche à essence d'origine. Celle de gauche sur la photo est une mèche pour l'alcool. Elle a été colorée par le cuivre du réservoir.

Mais la luminosité des Tito-Landi dépend aussi et surtout des manchons :

​On l’a vu plus haut, il devient quasi impossible de se procurer les manchons d’origine. Ils existaient en trois tailles en fonction du bec, avec un emballage spécial plus étanche à l’humidité pour l’exportation, notamment vers les colonies françaises. Ceci dit, on ne trouve (et encore que très rarement) que des manchons pour les becs de 120 bougies.

 

Comment adapter des manchons compatibles ?

Il faut faire avec les manchons disponibles de nos jours et un peu d'inventivité.

De nombreuses "écoles" s'affrontent mais il semble qu'un principe (décliné en de multiples variantes) surpasse les autres. Voici un principe (développé par un collectionneur tchèque) qui fonctionne très bien.

Donc place à l"imagination ;-)

Je prépare un fichier Pdf sur lequel vous pourrez cliquer car le sujet est vaste et les idées nombreuses. Cela finirait par prendre beaucoup de place.

Sans manchon, on obtiens ceci : une belle flamme bleue sur ce brûleur de 120 bougies à essence, mais pas de lumière.

Voici à gauche à quoi ressemble un manchon d'origine; Une solution est d'utiliser des grands manchons upright Véritas, Aladdin ou autres, mais ils sont chers et rares. De plus, leur taille les réserve aux brûleurs de 200 bougies.

Bientôt un fichier dédié aux manchons ici; Un peu de patience, merci

Les lampes maintenant :

le brûleur étant identique sur la majorité d'entre elles, je me contenterai d'une galerie de photos pour chacune d'entre elles.

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