Société “Unic Lumière”
Fabrique d'appareils d'éclairage.
3 impasse du Moulin Joly, et 5 rue du Moulin Joly, Paris 11.

Voici une société bien mystérieuse. Nous avons trouvé un seul document de 4 pages. Aucune publicité, aucune facture. De plus, on a 2 adresses pour cette société : le 3 impasse du Moulin Joly et le 5 de la Rue du Moulin Joly à Paris.
Cette énigme a été résolue en fouinant sur internet.
En 1930, dans le cadre de grands travaux d'assainissement du onzième arrondissement, des bâtiments ont été démolis et l'impasse a été percée pour devenir une rue. Un document cadastral nous le prouve.  C'est aussi vers cette date que "Unic Lumière" change d'adresse pour aménager au 5 de la rue dans un bâtiment beaucoup plus grand. Le 3 impasse du Moulin Joly était un tout petit local industriel de 60m2.
Cela donne une indication pour dater certaines lampes. Celles dont les manomètres sont notés au « 3 impasse » ont été produites avant 1930.

On gratte, on gratte. Quand a commencé l'aventure "Unic Lumière" ?
En 1921, on trouve une annonce pour une proposition de location d'un petit local industriel de 60 m2 au 3 impasse du Moulin Joly.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7897424/f4.item.r=%223%20impasse%20moulin%20joly%22.zoom
Unic aurait donc pu s'y installer dès cette date (A vérifier ultérieurement)

 

Dans un annuaire des commerces Didot-Bottin de 1925 numérisé sur le site de la BNF, on trouve la première trace de cette entreprise.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97805095/f1841.image.r=%22unic%20lumi%C3%A8re%22?rk=21459;2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'oubliais : la preuve que Unic a bien quitté le "3 impasse" en 1930 est ici :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55762332/f2.item.r=%22impasse%20moulin%20Joly%22.zoom
On voit qu'au 15 octobre 1931, on trouve à cette adresse une certaine société Quignard et Cie au 3 impasse du Moulin Joly qui devient une Société en nom collectif. Elle fabriquait des articles pour l'éclairage.
j'ai un moment pensé  qu'il s'agissait de Unic mais non ....

Selon l'état actuel de nos connaissances, la société a appartenu successivement à E Brodier et ensuite à Georges Haupois sans que l'on sache à quelle époque s'est fait le rachat ou la succession. Ensuite, on trouve une trace d'activité de Georges Haupois au 9 Rue Saint Ambroise à Paris à la fin des années 60, ce qui doit correspondre à la fin de l'activité de la société.

A cette époque, l'entreprise ne produit pratiquement plus que des modèles n°9 pour les marchés et travaux extérieurs.

 

Pour le reste, on est obligé de supputer. Ce ne sont que des hypothèses. D'où sort cette société ? Une piste cependant ....

En 1910, un certain Georges Lefebvre achète la "Maison E Brodier", constructeur au 89 faubourg du Temple, avec les brevets et procédés de construction. En 1912/13, Georges Lefebvre revend le tout à un certain Liotard Louis Ainé (un des deux frères Liotard) qui produira les lampes et brûleurs Brodier sous le nom de "bec Ainé" jusqu'aux environs de 1935/39.

 

Mais les lampes Unic de première génération sont vraiment trop semblables aux lampes de chez Liotard Ainé pour qu'il n'y ait pas un lien. E. Brodier (si c'est le même ?) a t'il racheté l'entreprise ? Est-ce son fils? Un homonyme ?

 

Une autre chose très troublante est le système de nettoyage du gicleur par aiguille, installé sur les lampes Liotard Ainé et repris à l'identique par Unic. Le brevet revendiqué par Ernest Noël en 1907 était évidemment tombé dans le domaine public, mais il est troublant de retrouver exactement les mêmes mécanismes que ce soit chez Brodier, Lefebvre, chez Liotard Ainé ou chez Unic.

E. Brodier
G.Lefebvre
Liotard Ainé
Puis Unic,
Le même mécanisme de nettoyage du gicleur vissé sur le haut du brûleur et manœuvré par un molette amovible ronde et isolante.
Troublant, non?

Sauf à penser que la plupart des grands noms de la fabrication de lampes à pression de l'époque aient utilisé le même brevet, nous avons certainement là, le lien manquant entre Louis Liotard Aîné et la Société Unic Lumière.
Mais encore une fois, cela reste une hypothèse à confirmer.

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Dans les années 30,  l'entreprise dirigée par E. Brodier produit 11 lampes différentes : Des modèles à suspendre alimentés par réservoirs séparés et des modèles de salons ou d'ateliers. Les modèles ont évolués au cours des décennies surtout au niveau de la décoration. On ne vend pas les mêmes lampes aux mêmes personnes en 1930 qu'en 1940 et encore moins en 1960 où elles sont devenues uniquement des lampes de travail.

E. BRODIER

Au début de la production, ces lampes réservées à une clientèle aisée, sont très décorées, ornementées de feuilles d’acanthes et de rinceaux. Les réservoirs sont richement ornées de feuilles de vignes. Les tubes peuvent être lisses ou guillochés. Les capots qui enveloppent le brûleur sont protégés par un bel émail vert.
Plus tard, les décors se simplifieront. On verra apparaître les réservoirs lisses, l’aluminium et disparaître feuillages et rosaces.

Plus tard, ou sur des modèles plus bas de gamme, les réservoirs sont lisses et sans "jupes", les capots de brûleurs sont en aluminium.

Une chose n'a pas changé de 1930 à 1970.
C'est le brûleur Unic. Je n'ai, par ailleurs, trouvé aucun brevet revendiqué par cette société.
Nous allons l'étudier ici pour éviter les redites dans les pages suivantes. Nous nous servirons de photos de la lampe N°9.

Toutes les Unic recevront ce type de brûleur. Il est doté d'un robinet de fermeture et d'un tube qui, rempli de fil et de particules de laiton, fait office de filtre et qui ralenti/régularise le flux de l'essence. Le carburant passe ensuite dans le tube de transfert pour être soumis à un maximum de chaleur, puis dans le corps du brûleur et enfin vers le gicleur. Il sera alors mélangé à l'air extérieur et éjecté vers le manchon.
Le dispositif de nettoyage se visse si besoin par la molette en Pertinax isolante. L'aiguille pénètre dans le gicleur pour le nettoyer et on redévisse pour rétablir le flux de l'essence.
Attention : pour pouvoir fonctionner correctement, ce brûleur  doit évidemment être fermé par un capotage afin de conserver un maximum de chaleur et vaporiser correctement.

Et maintenant, les lampes. Cliquez sur les images pour accéder aux fiches

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